Sahara Occidental; Dakhla

 

16-02-2018  /  22-03-2018

 

DAKHLA

 

L’espoir de trouver un petit village de pêcheur s’ anéanti au fur et à mesure que nous traversons la ville urbanisé de Dakhla. Nous ne attendions vraiment pas à tant de modernité en plein milieu du désert.

Le camion s’arrête dans une petite rue où, le lendemain matin il déchargera sa cargaison avant de de repartir en direction d’Agadir remplie de poisson. Il nous propose de mettre la tente à même le trottoir, nous affirmant qu’il n’y a pas de problème et que l’endroit est tranquille mais l’idée ne nous enchante pas vraiment. Nous prenons un taxi pour nous rendre au camping à la sortie de la ville. Pour 60 dihrams la nuit sans la douche nous passons la nuit dans un garage ouvert à l’abri du vent. Le matin nous partons boire un café dans une station service un peu plus loin où nous écrivons aux second projet de workaway et à quelques couchsurfing. A ce moment là nous comptons vraiment sur une réponse d’un des deux projets pour rester ici sinon nous pensons déjà continuer notre route vers la Mauritanie. Heureusement la chance nous souri sur le chemin du camping. Un automobiliste saharaoui s’arrête et après discussion il propose de nous montrer le dispensaire ou il travaille et qu’il n’y a pas de problème pour que l’on mette notre tente gratuitement dans la cour le temps que nous trouvions une solution.

Près de la mer, nous voilà maintenant installé à coté d’une vingtaine de camping car en stationnement libre venue passer l’hiver au chaud et pêcher. Non loin se trouve aussi une petite épicerie, deux cafés et une source d’eau chaude puisé à 600m de profondeur, l’endroit parfait pour établir notre camp de base en attendant une réponse. Encore en plus nous pouvons laisser nos affaires sans soucis pour partir explorer et en savoir un peu plus sur cet endroit convoité des kitesurfeur de toute la planète ( le peu que nous connaissions à ce moment là au sujet de Dakhla).

Aziz, un des couchsurfeur contacté nous répond et nous proposons de le rencontrer le lendemain pour boire un café. Grace à lui nous apprendrons finalement que le paradis des kiteux ne se trouve pas à coté de la ville mais à 25 km (PK 25 comme ils l’appellent) du centre ou sont concentré, autour d’une lagune, une multitude d’ hôtel proposant tout les services possible pour que le touriste reste dans ce petit coin de paradis. D’ ailleurs Aziz est réceptionniste dans l’un d’eux et nous apprend que Sébastien, l’auteur de l’annonce workaway,  Première piste et toujours sans réponse nous décidons de nous rendre directement là bas pour en savoir un peu plus sur le fait de rester quelques temps ici ou pas.

Nous sommes pris en stop par max un autre propriétaire d’un surf camp qui peut avoir aussi du travail à nous proposer en menuiserie et nous comprenons vite qu’ici ce n’est pas ça qui manque. Nous nous présentons à la réception et expliquons que nous sommes prêt à échanger notre travail contre l’hébergement et la nourriture et laissons nos coordonnées en espérant avoir une réponse rapide.

En effet, le lendemain nos efforts sont récompensé et nous sommes contacté par Stéphane, chef des travaux sur le nouveau projet de bungalow sur le site du village de pêcheur de Lasarga à l’ extrémité de la presqu’île. Ici, grâce à son orientation il est possible de parcourir jusqu’à 800m sur la même vague d’où l’ intérêt énorme de ce nouveau surf, kitesurf camp. Appartenant avant à la marine, la plage est maintenant accessible aux surfeur après grosse négociation de Sébastien le nouveau propriétaire des lieux.

Nous voilà arrivé sur place et découvrons l’endroit magnifiquement bien placé, loin de la masse touristique concentré sur la lagune. L’espace est encore en chantier avec cinq bungalows finis, trois autres en construction et une salle de restaurant ouverte. La cuisine , les sanitaires et le logement de quelques personnels sont aménagés dans des containers habillés de bois. Des tentes berbères sont montées à l’écart pour loger aussi du personnel et c’est aussi là que nous dormirons. L’endroit se veux au maximum écolo avec des toilettes sèches ainsi que des chauffe eau et panneaux solaires. Les palettes servirons à la construction des meubles.

Nous faisons la connaissance du personnel et des travailleurs composés de marocains, sénégalais et ivoiriens dont j’expliquerai l’histoire de certain plus loin.

Nous faisons aussi la connaissance de deux allemands en voyage pour les compagnons du devoir en charpente et arrivé là par hasard pour la construction d’un pont pour traverser une petite rivière menant aux bungalows. Habillés selon la tradition ancestrale des compagnons ; pantalon noir, gilet de cow boy noir, chemise style corsaire blanche et chapeau melon. Ils voyagent à travers l’Europe et maintenant l’Afrique, depuis deux ans, dans le même style que nous, en s’arrêtant dans différents chantiers de construction, de l’atypique au traditionnel. Ils sont chargé de deux ou trois petits baluchons ou ils mettent le peu d’affaire qu’ils ont pour voyager de la manière la plus simple possible.

Juan un ami artiste du patron est aussi là pour réaliser une sculpture en bois de récup ainsi que diverses logos pour l’hôtel.

Au début Alba aidera à la cuisine et moi à la conception d’un module pour le ponton, reliant le restaurant aux bungalows, mais qui s’ avérera chaotique du fait du bois utilisé. Nous finirons finalement par réaliser du mobilier en palettes pour le futur centre nautique pouvant ainsi nous exprimer créativement et pour Alba d’apprendre les bases de la menuiserie.

Cette expérience ici nous aura permis de rencontrer, pas tant les populations locales sahraouis dont nous connaissons finalement très peu, mais tout ceux qui se retrouvent à dakhla, marocain ou africain, pour trouver du travail. Que se soit dans le tourisme, dans la construction, dans les usines de poissons et beaucoup d’autres domaines tous sont là pour faire de l’argent et pour beaucoup en envoyer une bonne partie à la famille. Nous partagerons leurs quotidiens et leur histoire tout au long de notre séjour ici. Et ceci n’est pas prêt de diminuer car ici les entreprises ne payent pas d’impôt d’ou un pôle économique en pleine croissance. Que se soit dans l’agriculture (tomate cerise, melon, pastèque) où ils puisent les dernières réserves en eaux souterraine jusqu’à 800 m de profondeur ou dans la sur pêche de ces énormes bateaux affichant pavillon russe ou chinois. La plupart de ce qui est produit ici est exporté en Europe, le Maroc étant le dernier maillon de la chaîne. L’autre raison de l’installation de nombreuse entreprises en territoire Sahraoui est l’absence de taxe et pour que les sahraouis ne posent pas trop de problème à demander leur indépendance le gouvernement Marocain leur offre le logement, l’électricité et l’eau gratuits ainsi que 2000 dirhams par moi car une révolution de leur part pourrait engendrer le blocage de la principale route commerciale de l’Afrique.

D’un autre coté Dakhla est le lieu de passage pour un grand nombre d’Africain sub saharien qui sont en transition vers l’Europe. Le Maroc leur offrant des meilleurs conditions de vie que par exemple l’Algérie dont la plupart y sont passé et qui se veux beaucoup plus dure au niveau de l’ intégration et extrêmement raciste. Certain rêve encore de l’Europe alors que d’autre resteront ici le temps d’accumuler assez d’argent pour monter leur projet dans leur pays. Comment peut on juger l’être humain pour une couleur de peau et véhiculer par les médias la peur et le racisme envers eux ? Nous avons tant à apprendre de leur sagesse et leur détermination à vouloir simplement une vie meilleure. La plupart diplômé ils se retrouvent à faire le travail que les Marocain ne veulent pas faire mais garde toujours en eux l’espoir de s’en sortir et d’aider aux maximum leur famille. Une magnifique leçon de vie pour nous, Européen qui ne nous rendons pas compte de la chance que nous avons de pouvoir traverser les frontières sans problème. Toute ces rencontres et ces expériences qui nous conforte à l’idée de continuer notre périple vers le sud pour recevoir jour après jour ces leçons de vie si différente de ce que nous connaissons… Dakhla la ville aux multiples visages nous aura ému par sa diversité culturelle mais aussi blessé de voir le capitalisme bien présent et le fossé toujours important entre ceux qui tire les ficelles et ceux qui s’y accroche pour pouvoir avancer…

 

Mauritanie nous voilà pour la suite nos aventures…

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